En aucun cas j'irai jusqu'à dire que cette nouvelle incursion dans la science fiction fut une énième déception (ayant une vague idée de ce à quoi je devais m'attendre), néanmoins Elysium laisse quand même un goût d'inachevé.
Suite au succès critique et commercial du modeste (par le budget) District 9, le cinéaste sud-africain Neill Blomkamp s'attaque une nouvelle fois au genre avec pour toile de fond, une dimension politique plus que prégnante. En effet, pour son second long métrage, il délaisse l'allégorie de la ségrégation raciale, au profit de la ségrégation sociale.
Grosso modo, le futur qu'il a imaginé dépeint une Terre complètement ravagée par la surpopulation et cette surpopulation est victime de paupérisme dans les quatre coins du globe. Où sont donc passés les rupins ? Ils vivent dans une station spatiale baptisée Elysium. Un endroit où tout est à portée de la main. Et il y a surtout des capsules de guérison miracles au sein de cet havre de paix. Ce qui est un élément central dans l'histoire, car on apprend vite (dès l'introduction me semble t-il) que c'est la principale motivation poussant les Terriens à faire le voyage, au péril de leur vie. En effet, sur Elysium, la politique instaurée par la ministre de la défense Delacourt (incarnée par Jodie Foster), c'est l'immigration zéro. Elle n'hésite donc pas à donner l'ordre d'abattre des vaisseaux contenant des passagers clandestins.
Ce sont les premiers instants du film et force est de constater que c'est efficace et que je me suis senti directement impliqué par ce que je découvre. Malheureusement, au fil des minutes égrenées, le long métrage va sombrer dans la facilité Hollywoodienne, et proposera en guise d'apothéose, une fin heureuse un peu débile sur les bords (il suffit d'imaginer la suite pour s'apercevoir que ça ne tient pas la route). Assurément, à partir du moment où la ministre demande les services de Kruger, pour la seconde fois, le script va empiler les raccourcis scénaristiques. Comme si les évènements et les enjeux exposés, ont été rajoutés à la dernière minute pour faire plaisir aux producteurs. J'ignore si c'est réellement le cas, néanmoins je l'ai ressenti ainsi. Ce serait, tout de même fâcheux et curieux venant de la part d'un cinéaste qui à la réputation de refuser toutes les licences qu'on lui soumet, pour mieux fomenter des projets et des univers qui lui sont propres (liberté artistique tout ça)...
Ceci étant dit, il est compliqué pour moi de trouver cette oeuvre mauvaise ou ratée, car il y a des ingrédients inhérents à Neill Blomkamp, qui sont séduisants pour un amateur de science fiction. Au delà de l'aspect politico-social, je pense notamment à la direction artistique qui est excellente. Que ce soit les vaisseaux, les robots, ou bien les deux styles de designs qui s'opposent selon d'où ça vient. A savoir, les technologies parfaites, immaculées et lisses sur Elysium, et celles qui sont crades, surannées et bricolées sur Terre. Un concept simple certes, mais qui fait toujours son petit effet.
Dans les autres réjouissances, on peut noter des fulgurances de noirceur et de violence: les mecs qui se font exploser à la grenade, des gunfights bien bourrins (même si la mise en scène n'est pas brillante), l'implantation de l'exosquelette sur le personnage de Matt Damon, puis il y a aussi Kruger un méchant déjanté et dérangeant.
Tout ceci m'empêche de dénigrer complètement ce film, car il est certain qu'il y a des moments sympas et de bonnes idées, cependant le scénario et les personnages ne sont pas très bien écrits. J'ose espérer que Neill Blomkamp ne deviendra pas l'éternel "cinéaste prometteur". Une partie de la réponse à mon appréhension sera vérifiée, quand son prochain long métrage sortira.
